Grandes idées pour aider à bâtir une économie résiliente
Bâtir l'économie canadienne signifie proposer de grandes idées audacieuses.
La présidente nationale d'Unifor Lana Payne a rencontré des responsables gouvernementaux et des employeurs pour militer en faveur de mesures qui permettront de créer une économie plus résiliente et de protéger la souveraineté canadienne.
Nous aurons besoin de la contribution de toutes et de tous afin d'atteindre nos objectifs pour l'économie canadienne.
Notre syndicat prépare des initiatives à partir des idées correspondant aux expériences de travail quotidiennes de nos membres ainsi qu'à la vision et au leadership de nos gens dans les nombreux secteurs que nous représentons.
Voici par où nous devons commencer :
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Imposer des pénalités aux entreprises qui déplacent des emplois aux États-Unis
Les tarifs de représailles ne sont pas suffisants. Le Canada doit pénaliser toute entreprise qui déplace des emplois ou des activités du Canada en raison des politiques tarifaires des États-Unis.
Voici pourquoi :
Le déplacement d'actifs de production du Canada vers les États-Unis, en réaction à des tarifs douaniers illégaux, met en péril l’économie canadienne et porte atteinte à la souveraineté du Canada.
Le gouvernement fédéral a déjà mis en place un plan de remise des tarifs douaniers visant à dissuader les constructeurs automobiles canadiens de délocaliser leur production. Le Canada dispose de lois interdisant aux entreprises de se conformer à des règles étrangères qui nuisent aux intérêts du Canada.
Le gouvernement fédéral doit tenir compte de l’ensemble de ses pouvoirs en matière de réglementation, y compris les mesures visant à décourager la « délocalisation » de la production canadienne, l’imposition de lourdes pénalités aux entreprises qui se conforment aux décrets américains illégaux et injustes, ainsi que l’interdiction des importations au Canada de biens auparavant produits ici, en provenance des États-Unis ou de tout autre pays.
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Bâtir le secteur canadien de l’énergie
Le Canada doit accroître sa capacité d’acheminement de l'ouest vers l'est du pétrole, du gaz et des produits chimiques canadiens par chemin de fer et produire immédiatement des wagons-citernes construits ici même au pays.
Voici pourquoi :
Le Canada doit être en mesure de transporter des matières premières de l’ouest vers l'est par voie ferroviaire pour approvisionner les raffineries canadiennes et sécuriser les chaînes d’approvisionnement de nos industries chimiques et plastiques à valeur ajoutée, soutenir la production de diesel et d’essence, et fournir des marchés internes pour la production de biocarburants.
La capacité de transport de pétrole, de gaz et de produits chimiques par oléoduc entre les provinces canadiennes étant limitée, nous devons compter sur le transport ferroviaire. Contrairement aux oléoducs actuels, le pétrole transporté par voie ferroviaire ne passe pas par les États-Unis.
Le Canada contrôle le processus du début à la fin. Les membres d’Unifor inspectent et entretiennent les wagons au Canada pour le CN et le CPKC. Les wagons peuvent être fabriqués au Canada et sont produits par les transporteurs ferroviaires eux-mêmes.
Le transport ferroviaire du pétrole doit évidemment être sécuritaire. Il s'agit d'une condition préalable à tout travail entrepris par le Canada. Nous savons que le transport de pétrole par voie ferroviaire présente un risque de fuite plus faible en cas d’incident (déraillement, par exemple) en comparaison avec les incidents liés aux oléoducs au fil du temps.
Parallèlement à ce besoin immédiat, le Canada doit encore développer de nouvelles infrastructures énergétiques et des réseaux électriques pour le transport de l'ouest vers l'est.
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Mettre à profit les budgets de défense pour appuyer les industries canadiennes
Le maintien du statu quo en matière de dépenses pour la défense n’est pas suffisant. Le Canada doit négocier un pacte de défense avec l’Union européenne qui prévoit des accords d'approvisionnement partagés afin de soutenir, de développer et de diversifier le secteur aérospatial canadien.
Voici pourquoi :
Le Canada doit diversifier ses relations en matière de sécurité compte tenu de l'approche hostile des États-Unis. Cette démarche est déjà en cours : en juin 2025, le Canada et l’UE ont signé un pacte de coopération en matière de défense commune, couvrant toute une série de questions de sécurité.
Une collaboration plus étroite entre le Canada et l’Europe peut cibler certains secteurs cruciaux comme la recherche, le partage d’information, la politique industrielle, la production de défense, les droits des travailleuses et des travailleurs, l’accès aux marchés et bien d’autres encore.
Le Canada et l’Union européenne ont déjà conclu des ententes qui démontrent que la collaboration et le partenariat sont possibles, notamment :
En 2015, le Canada s'est associé à l'UE dans le cadre d'un dialogue permanent en matière de sécurité et de défense, qui se tient chaque année.
L’Accord de partenariat stratégique de 2017 qui garantit déjà la collaboration entre le Canada et l’UE sur des questions telles que la paix et la sécurité internationales, la lutte contre le terrorisme, les droits de la personne et la non-prolifération nucléaire, l’énergie propre et le changement climatique, les migrations et le pluralisme pacifique, le développement durable et l’innovation.
L’OTAN: La part du Canada dans le financement commun de l’OTAN est actuellement d’environ 6,68 %, et notre pays s’est engagé à atteindre ses propres dépenses en matière de défense, soit 2 % de son PIB, d’ici 2030-2032. Le Canada dirige un groupement tactique multinational de l’OTAN en Lettonie dans le cadre de l’opération REASSURANCE, qui comprend 3 400 soldats de 13 pays alliés.
Le Canada a signé des accords généraux sur la sécurité de l’information avec la France (1988), l’Union européenne (2018), l’Ukraine (2024) et la Pologne (2025). Un accord général sur la sécurité de l’information permet aux fournisseurs des deux pays ayant fait l’objet d’une enquête de sécurité d’accéder à des renseignements ou à des actifs classifiés nécessaires pour répondre à des appels d’offres de nature sensible dans l’autre pays et de faciliter les débouchés commerciaux pour les entreprises des secteurs de la défense, de la sécurité, de l’aérospatiale, de la marine, du nucléaire et de l’espace.
De nombreuses entreprises de défense européennes sont déjà présentes au Canada.
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Interdire ou restreindre la propriété étrangère sur les minéraux critiques
Le développement des minéraux critiques ne suffit pas. Le Canada doit interdire ou restreindre toute propriété et tout contrôle étrangers sur les minéraux critiques canadiens afin de défendre la sécurité nationale et économique.
Voici pourquoi :
Les minéraux critiques sont également importants pour le Canada. Notre pays possède de vastes réserves de ces ressources. Ces minéraux sont nécessaires au développement des industries nationales, à l’avancement des efforts de réconciliation avec les peuples autochtones et à la croissance de notre économie nette zéro - mais seulement si nous gérons ces ressources de manière appropriée. Les minéraux critiques sont également très recherchés par les États-Unis, l'administration Trump s'efforçant activement d'obtenir des accords d'accès préférentiels pour ces minéraux dans le monde entier.
Le défi pour le Canada est qu'une part croissante des actifs miniers et extractifs nationaux appartient à des intérêts étrangers. Les actifs miniers canadiens détenus par des intérêts américains sont également en augmentation.
Le Canada dispose des outils nécessaires pour protéger et développer ses industries de ressources essentielles, afin de maximiser les avantages pour le Canada. En juillet 2024, le gouvernement fédéral a annoncé des restrictions sur les investissements de capitaux étrangers, sous réserve d'un examen de l’avantage net. Dans le cadre de la Stratégie canadienne de 2022 sur les minéraux critiques, le gouvernement fédéral a annoncé une surveillance accrue des investissements étrangers détenus ou influencés par l’État dans le secteur des minéraux critiques, en vertu d’une nouvelle politique promulguée par le biais de la Loi sur Investissement Canada.
C’est maintenant qu’il faut agir. Alors que le rapport annuel 2024 sur la Stratégie canadienne sur les minéraux critiques vante le fait qu’il existe plus de 150 projets de minéraux critiques actifs à travers le pays, entre janvier 2023 et juin 2024, une seule mine de minéraux critiques a démarré ses activités commerciales au Canada. En novembre 2025, trois projets ont été soumis au Bureau des grands projets, et d'autres sont en cours d'examen. Il est impératif que le Canada continue de superviser ces investissements stratégiques afin de garantir le contrôle et la propriété canadiens.
Selon l’International Energy Agency (Agence internationale de l’énergie), la valeur marchande des minéraux critiques - y compris ceux qui sont essentiels à la transition énergétique comme le lithium, le cobalt, le graphite, le cuivre, le nickel et les terres rares - devrait exploser au cours de la prochaine décennie, malgré les récentes baisses de prix.
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Soutenir l’industrie forestière au moyen d’une stratégie sur les logements abordables
Le Canada devra mettre en place une stratégie forestière de grande envergure et utiliser ses vastes ressources en bois d’œuvre pour faciliter la mise en place d’une stratégie nationale de construction de logements à prix abordable.
Voici pourquoi :
L’élaboration d’une stratégie nationale de construction de logements, s’appuyant sur l’actuel Plan du Canada sur le logement, exigera des gouvernements fédéral, provinciaux et municipaux qu’ils coordonnent leurs efforts avec les intervenants des secteurs de la foresterie et du logement, et fera le lien entre les forêts du Canada et la crise du logement.
Nous cultivons le bois ici. Nous devons donc le transformer et s'en servir pour construire ici même au pays.
Le Canada peut transformer les obstacles actuels en occasions à saisir en augmentant la production de produits du bois novateurs et en s’efforçant de soutenir un marché national de la construction résidentielle florissant. Il est temps de réduire notre dépendance historique à l’égard de l’exportation de matières premières et de concentrer nos efforts sur ce qui deviendra la prochaine phase de l’industrie forestière canadienne.
Le Canada excelle déjà dans la fabrication de produits en bois d’ingénierie, de bois de masse et de systèmes de construction préfabriqués, mais il pourrait faire beaucoup plus. Pour élaborer une stratégie solide de construction de logements au Canada, le pays doit être prêt à revoir son approche en matière de construction et d’octroi de permis, à mieux reconnaître la valeur de l’utilisation des produits du bois et à déployer une stratégie d’investissement ambitieuse et patiente.
La stratégie Maisons Canada, annoncée par le gouvernement fédéral en 2025, nous engage sur la voie d'une accélération de la construction de logements abordables, ce qui est plus crucial que jamais. À mesure qu'elle se développe, la stratégie Maisons Canada doit être soumise à une politique claire et stricte d'achat de produits canadiens qui ouvre des perspectives d'emploi durables pour les travailleuses et travailleurs du secteur de la foresterie, qui en ont grandement besoin dans un secteur qui a vu des milliers d'emplois disparaître au cours des dernières décennies. L'utilisation de produits du bois à valeur ajoutée fabriqués au Canada permet non seulement de réduire les émissions de gaz à effet de serre et de séquestrer le carbone à long terme, mais aussi de soutenir le secteur canadien de l'approvisionnement en fibres, qui est confronté à des difficultés importantes. La stratégie canadienne en matière de logement doit également intégrer un plan de construction de maisons modulaires, inspiré des travaux entrepris par le gouvernement de la Colombie-Britannique.
Les différends commerciaux en cours avec les États-Unis concernant le bois d’œuvre et les produits du bois ont souligné la nécessité de transformer l’industrie forestière canadienne, notamment en ajoutant de la valeur et en créant de bons emplois, en investissant dans la transformation et la recherche et le développement pour mettre au point de nouveaux produits du bois.
La proposition nécessitera un investissement, un soutien et une coordination de la part du gouvernement, mais le résultat permettra de relier les bûcheronnes et bûcherons canadiens, les travailleuses et travailleurs des scieries, les fabricants de produits en bois d'ingénierie, les travailleuses et travailleurs du secteur du transport et de la logistique, les concepteurs, les constructeurs d'habitations et, enfin, les résidents.
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Une politique « Achetez canadien » ambitieuse et audacieuse
La population canadienne prend conscience de l'importance d'acheter ce que nous fabriquons. Depuis des années, Unifor demande à tous les ordres de gouvernement d'utiliser les fonds publics pour acheter des biens et des services canadiens. En annonçant une politique fédérale « Achetez canadien », le gouvernement Carney montre qu'il est à l'écoute, mais il doit voir plus grand et faire preuve de plus d'audace.
Le gouvernement fédéral a tracé la voie vers une politique nationale « Achetez canadien » en réponse aux attaques sans précédent contre les industries canadiennes. Tous les gouvernements devraient lui emboîter le pas.
Toutefois, la politique présentée par le gouvernement reste limitée. Elle exige que les projets de construction fédéraux utilisent des biens et des services canadiens. C'est un bon début, mais une politique « Achetez canadien » vraiment efficace doit aller plus loin et couvrir autant de biens et de services que possible.
De plus, les fournisseurs situés aux États-Unis devraient faire l’objet des mêmes restrictions que celles imposées aux entreprises canadiennes aux États-Unis. Il faut donner la priorité aux entreprises canadiennes pour les achats publics. L’accès aux marchés publics du gouvernement fédéral et des États américains est fortement restreint. Les règles protectionnistes « Buy America » et « Buy American » interdisent aux fournisseurs canadiens de soumissionner pour des contrats. Au fil du temps, ces règles sont devenues plus sévères et ont entraîné des pertes d’emploi au Canada, notamment parmi les membres d’Unifor. À l’inverse, les marchés publics du Canada sont généralement ouverts et sans restrictions pour les fournisseurs américains.
Les achats publics faits dans tous les ordres du gouvernement génèrent une importante activité économique, dont la valeur totale est estimée à 300 milliards de dollars par année. Il s’agit d’une grande occasion à saisir pour réinvestir de façon stratégique dans l’économie nationale, appuyer les stratégies industrielles de secteurs en particulier qui favorisent l’innovation canadienne et développer les habiletés ainsi que les capacités de production nécessaires.
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Dynamiser l'économie canadienne grâce à des stratégies industrielles axées sur les secteurs
La construction d'une économie forte et résiliente ne peut être laissée au hasard. Il y a peu de patriotes à Bay Street. Pour renforcer le Canada, il faut adopter une approche intentionnelle et tournée vers l'avenir en matière de développement économique – une approche qui implique une planification approfondie, des investissements publics agressifs et la propriété publique.
Guidé par un dialogue authentique avec les travailleuses et travailleurs et les partenaires du public, le Canada doit investir dans l’autosuffisance industrielle, renforcer les secteurs stratégiques et les capacités de production, et créer des emplois pour les populations locales.
Dans son budget 2025, le gouvernement fédéral s'est engagé à lancer jusqu'à cinq nouvelles alliances multipartites qui auront pour but d'élaborer des stratégies de perfectionnement de la main-d'œuvre. Il s'agit d'une bonne initiative, mais elle doit aller bien au-delà de la lutte contre la pénurie de main-d'œuvre et de la formation.
Unifor fera tout pour que des tables de stratégie officielles soient mises en place dans tous les grands secteurs afin de concevoir et de mettre en œuvre des programmes nationaux ambitieux de développement industriel, non seulement dans le secteur manufacturier, mais aussi dans celui des ressources naturelles.
Le gouvernement fédéral, en consultation avec les provinces, doit chercher des façons de gérer le flux sortant de métaux de terres rares, de métaux essentiels, de bois d’œuvre, de pétrole et de gaz, d’aluminium, d’uranium et de potasse, entre autres. Nous pouvons également transformer ces ressources avant de les exporter.
En renforçant notre capacité intérieure de traitement, de raffinage et de transformation de ces ressources afin de produire des biens à plus grande valeur (comme le papier au lieu des grumes), nous serons en mesure de rebâtir notre capacité de production, tout en créant de bons emplois, en diversifiant les exportations et en réduisant notre dépendance envers les nations étrangères comme les États-Unis.
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Promouvoir de bons emplois syndiqués
De bons emplois syndiqués sont le pilier d’une économie équitable et résiliente, et l’un des meilleurs moyens de faire en sorte que toute la population canadienne bénéficie équitablement de l’activité et de la production économiques.
Le financement et les marchés publics doivent être liés aux normes du travail, aux retombées locales et à la sécurité d’emploi. Les lois fédérales et provinciales doivent permettre l’accréditation syndicale et faciliter la négociation collective libre.
Unifor va militer pour que les futurs contrats du gouvernement respectent les droits dans le domaine du travail et les conditions de caractère syndical. Unifor va également mener une campagne pour demander l’amélioration des règlements provinciaux et fédéraux sur le travail, de façon à favoriser de bons emplois et des salaires élevés et à supprimer les obstacles à la syndicalisation.
Recommendations
La présidente nationale Lana Payne présente ces demandes au premier ministre :
- Représailles au moyen de tarifs douaniers ciblés et stratégiques
- Mesures de soutien du revenu améliorées pour les travailleuses et travailleurs
- Gestion des exportations et développement de la transformation de nos ressources nationales
- Politiques d’achat public « Achetez canadien »
- Mesures d’urgence pour atténuer les risques de licenciement et maintenir les activités
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Représailles au moyen de tarifs douaniers ciblés et stratégiques
Si des tarifs douaniers sont imposés par les États-Unis sur les exportations canadiennes, le gouvernement fédéral doit se préparer à son tour à mettre immédiatement en place des tarifs douaniers sur les importations américaines en guise de représailles.
Le Canada doit compenser la valeur totale des droits de douane américains sur les produits canadiens par les droits de douane canadiens sur les produits américains, mais il ne devrait pas être tenu d’imposer des droits de douane équivalents sur des produits individuels. L’approche dollar-pour-dollar permettra au Canada de bénéficier d’une plus grande souplesse pour l’imposition de tarifs douaniers sur des biens ciblés à des niveaux
jugés adéquats. -
Mesures de soutien du revenu améliorées pour les travailleuses et travailleurs
Le gouvernement fédéral devrait également déployer des ressources pour atténuer les pertes d’emploi causées par les tarifs douaniers américains, notamment un programme élargi de travail partagé, des subventions de transition pour retraite anticipée et des suppléments de revenu pour formation.
Le Canada doit se préparer à une hausse potentielle du taux de chômage et prévoir d’autres mesures de soutien du revenu destinées aux travailleuses et travailleurs affectés par les tarifs, comme les mesures mises en place au cours de la pandémie de COVID-19.
Ces mesures de soutien devraient être assorties d’un accès amélioré aux prestations d’assurance-emploi ou à d’autres programmes spéciaux d’aide au revenu, et comporter des règles d’admissibilité plus accessibles et un soutien accru du revenu afin de compenser une plus grande partie du revenu perdu, en particulier pour les effectifs des secteurs à salaires élevés et exposés aux échanges commerciaux. En outre, la durée des prestations devrait être prolongée et les travailleuses et travailleurs devraient avoir le droit de gagner un revenu complémentaire ou de suivre une formation pendant qu’ils touchent les prestations.
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Gestion stratégique des ressources nationales par le biais d’une politique industrielle
Le gouvernement fédéral, en consultation avec les provinces, doit chercher des façons gérer le flux sortant de métaux de terres rares, de métaux essentiels, de bois d’œuvre, de pétrole et de gaz, d’aluminium, d’uranium et de potasse, entre autres. Nous pouvons également transformer ces ressources avant de les exporter.
Unifor demande depuis longtemps aux gouvernements fédéral et provinciaux d’exercer davantage leur pouvoir discrétionnaire sur les exportations de ressources naturelles, afin d’élever la position du
Canada dans la chaîne de valeur.
En renforçant notre capacité intérieure de traitement, de raffinage et de transformation de ces ressources afin de produire des biens à plus grande valeur (comme le papier au lieu des grumes), nous serons en mesure de rebâtir notre capacité de production, tout en créant de bons emplois, en diversifiant les exportations et en réduisant notre dépendance envers les nations étrangères comme les États-Unis. -
Achetez canadien : Adopter des politiques d’approvisionnement réciproques pour les fournisseurs américains
L’accès aux marchés publics du gouvernement fédéral et des États américains est fortement restreint. Les règles protectionnistes « Buy America » et « Buy American » interdisent aux fournisseurs canadiens de soumissionner pour des contrats. Au fil du temps, ces règles sont devenues plus sévères et ont entraîné des pertes d’emploi au Canada, notamment parmi les membres d’Unifor. À l’inverse, les marchés publics du Canada sont généralement ouverts et sans restrictions pour les fournisseurs américains.
Les fournisseurs situés aux États-Unis devraient faire l’objet des mêmes restrictions que celles imposées aux entreprises canadiennes aux États-Unis. Il faut donner la priorité aux entreprises canadiennes pour les achats publics.
Les achats publics faits dans tous les ordres du gouvernement génèrent une importante activité économique, dont la valeur totale est estimée à 300 milliards de dollars par année. Il s’agit d’une grande occasion à saisir pour réinvestir de façon stratégique dans l’économie intérieure, appuyer les stratégies industrielles de secteurs en particulier qui favorisent l’innovation canadienne et développer les habiletés ainsi que les capacités de production nécessaires. -
Mesures d’urgence pour atténuer les risques de licenciement et maintenir les activités
Les tarifs d’importation américains auront divers effets sur les employeurs canadiens en fonction de leur dépendance à l’égard des exportations américaines, de leur situation financière, du profil de leurs clients, etc. Pour les entreprises les plus menacées, l’un des principaux objectifs du gouvernement devrait être de maintenir les activités canadiennes dans la mesure du possible et d’atténuer le risque de licenciements causés par des fermetures de lieux de travail ou des ralentissements de la production.
Les entreprises dépendantes des exportations qui éprouvent des difficultés financières devraient avoir accès à des garanties de prêts à taux préférentiels afin de poursuivre leurs activités.
De plus, le gouvernement fédéral devrait évaluer la possibilité de mettre en place un programme similaire à la Subvention salariale d’urgence du Canada (SSUC) pour les entreprises éligibles dans les secteurs et les communautés tributaires du commerce afin de maintenir les Canadiens sur le marché du travail. Ce programme subventionnerait temporairement les salaires et contribuerait à maintenir les travailleuses et travailleurs sur le marché du travail. Les recettes générées par les tarifs de rétorsion pourraient financer partiellement ce programme et d’autres mesures de soutien.